De retour à quai, il est temps de repartir visiter Bruges à pieds.Quelques pas seulement et on atteind le Palais Gruuthuse. C’est juste de l’autre côté de la route. Le palais était la résidence du seul noble résidant à Bruges. En effet, le reste de la noblesse flamande était alors à Gand.

La cour du Palais de Gruuthuse.

Palais Gruthuse à Bruges.

La seule famille noble de Bruges portait le nom de Van Brugge. A cette époque, le houblon n’intervenait encore pas dans la fabrication de la bière. On utilisait alors un mélange de plantes et de fleurs qu’on appelait la gruute. La demeure des Van Brugge était le seul endroit de la ville où se négociait la gruute. La maison est donc devenue la maison de la gruute, gruut huis en flamand. Par déformation, elle s’est transformée en Gruuthuse. Finalement, la famille Van Brugge a changé de nom pour Gruuthuse.

Au-dessus de la porte, on peut voir la statue de Louis de Gruuthuse. En 1461, il fut reçu dans l’ordre de la toison d’or, grand ordre de la chevalerie créé par Philippe le Bon. Sous la statue, on lit sa devise : « Plus est en vous« . Selon cette devise, chacun d’entre nous vit en n’utilisant qu’un tiers de son énergie et de ses capacités. On appelle ceux qui dépassent leurs limites des gens d’exception.

Le Palais de Gruuthuse qui renferme un musée est en pleine restauration et devrait rouvrir ses portes au printemps 2019.

Le collège d’Europe.

Bruges figure parmi les premières villes à se trouver une vocation européenne. Dès 1949, elle crée le Collège d’Europe (études post universitaires). On le découvre en longeant le canal vers la place du Burg, à droite de l’autre côté de la route. Les étudiants y viennent sur invitation et proviennent des tous les états européens. Ils y étudient l’influence politique, économique et sociale de l’Europe sur chacun des pays membres de l’union. Dès la signature du Traité de Rome en 1957, l’Union européenne a décidé que le recteur du collège serait le chef de l’état ou de gouvernement présidant la commission européenne.

Le canal.

Le long du canal se trouve la maison où le Saint-Sang fut caché pendant 12 ans, lors des guerres de religions, pendant la Réforme et la Contre-Réforme. Une chaîne d’hôtel a racheté l’ancienne prison.

La Place des Tanneurs.

Lorsque le canal fait un coude à gauche, on suit le mouvement pour arriver sur la Place des Tanneurs. En 1630, Bruges faisait donc partie de la ligue hanséatique. Des peaux, provenant de Bergen, arrivaient ici pour être traitées dans la maison des tanneurs. Auparavant, elles devaient passer à la transaction et elles étaient pesées sur une grande balance qui se trouvait sur la colonne. Elles se payaient selon leur poids, mais également en fonction de leur qualité.

Le marché au poisson.

Un peu plus loin, on arrivé au marché au poisson. Depuis des siècles, le marché au poisson se tient à cet endroit, deux fois par semaine.

Pour visiter Bruges, il faut visiter le Burg.

Maintenant, on traverse le pont pour arriver sur une des deux places les plus importantes de Bruges, le Burg. Dans la ruelle qui y mène, on remarque la statue de Baudouin au centre. Son frère, Godefroy de Bouillon avait refusé de devenir roi de Jérusalem, car, disait-il, il ne souhaitait pas porter une couronne d’or là où le Christ avait porté une couronne d’épines. A sa mort, Baudouin accepta la couronne et devint roi de Jérusalem en 1174.

Le Burg nous offre, à la fois, une leçon d’histoire et d’architecture. En commençant par la droite on découvre :

La Basilique du Saing-Sang.

Basilique du Saint Sang à Bruges

Elle se situe au premier étage du bâtiment. Au rez-de-chaussée, il s’agit d’une chapelle romane.  Remanié au fil des siècles, on y trouve du style gothique et Renaissance. C’est là qu’est conservée une relique du Saint-Sang ramené de Jérusalem par Thierry d’Alsace après la deuxième croisade.

Le saint-sang.

Godefroy de Bouillon ayant donc refusé la couronne de Roi de Jérusalem, il préféra conserver son titre de gardien du saint-sépulcre. A sa mort, son frère Baudouin, le remplace et accepte la couronne. Thierry d’Alsace, alors seigneur de Bruges, fait construire à partir de 1139 la partie supérieur de la chapelle qui, par la suite, deviendra la Basilique du Saint-Sang. Thierry d’Alsace, part pour la seconde croisade et la légende raconte qu’en remerciement de ses services, le roi de Jérusalem lui remit une petite relique du Saint-Sang, une étoffe imbibée du sang du Christ.

Cette relique serait arrivée en 1150 et depuis, chaque année, une procession est organisée dans les rues de Bruges pour la montrer. Toutefois, on peut douter de la véracité de cette légende. En effet, le Sains-Sang n’est arrivé à Bruges qu’un siècle plus tard, en 1250, en provenance de Constantinople et non Jérusalem. Le Saint-Sang avait, dit-on, la faculté de se liquéfier tous les vendredis.

Quand visiter Bruges pour assister à la procession du Saint-Sang ?

C’est au printemps qu’il faut visiter Bruges pour avoir la possibilité d’assister à la procession du Saing-Sang. Elle la lieu le jeudi de l’Ascension. Depuis 2009, cette procession est inscrite sur la Liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité. Environ 40000 personnes y assistent chaque année. Plus de 1500 figurants et 250 musiciens la compose.  Le cortège quitte Dijver (près du Collège d’Europe) à 14h30, descend vers Notre-Dame, puis continue vers la Cathédrale Saint-Sauveur avant de se diriger vers le Markt. Le parcours est long d’environs 2,5 kilomètres (voir le dépliant 2018).

Des bancs et des tribunes (payants) sont disposés aux endroits où le défilé s’arrête. Les billets sont en ventes à partir du mois de mars sur le site de la procession du Saint-Sang.

C’est aussi la période idéale pour visiter Bruges. Avec le printemps, la ville est superbe !

L’hôtel de ville de Bruges.

Hôtel de Ville de Bruges

En tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, on découvre l’hôtel de ville de Bruges. Construit en 1376, son style est le gothique flamboyant. Il s’agit du premier hôtel de ville construit en Flandre. Sur la façade, figurent les écussons de toutes les villes qui dépendaient de Bruges à cette époque.

Le Greffe.

Dans l’angle et de style renaissance, on aperçoit l’ancien Greffe construit en 1535. C’est aujourd’hui le musée du Franc de Bruges.

La Prévôté.

L'ancienne Prévôté de Bruges

De l’autre côté, en diagonale, on avance encore dans le temps avec l’ancienne Prévôté, en quelque sorte l’Évêché. Il s’agit d’un bâtiment du 17ème siècle, un mélange entre les styles renaissance et néoclassique.

L’ancien tribunal de Bruges.

L'ancien tribunal de Bruges

Pour terminer le tour d’horizon d’histoire et d’architecture, on pivote de nouveau dans le sens des aiguilles d’une montre. A gauche du Greffe, on finit par l’ancien tribunal. De style néo-classique, il date du 18ème siècle.

Tous les pouvoirs étaient donc regroupés sur le Burg, religieux, administratifs et judiciaires.

Pour visiter Bruges, il va falloir encore patienter un peu. A suivre…

Bruges, la Venise du Nord (1ère partie).

Une journée à Bruges (2ème partie).

 

Gruuthuse

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